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82018Nov

Main-d’œuvre : Le CPQ veut intégrer davantage de personnes handicapées – HRImag


La rareté de main-d’œuvre est un enjeu majeur qui touche l’ensemble de la province. Afin de pallier ce phénomène, le Conseil du patronat du Québec (CPQ) envisage diverses mesures visant à faciliter l’intégration des nouveaux arrivants mais aussi celle de bassins de travailleurs qui demeurent sous-représentés : personnes handicapées et autochtones.
 
 
Bien que les statistiques soient préoccupantes, le terme « pénurie » serait utilisé de façon trop souvent biaisée dans le contexte actuel, souligne d’emblée Yves-Thomas Dorval, président-directeur général du CPQ. « Lorsqu’on regarde l’aspect quantitatif, soit combien de personnes disponibles sur le marché du travail versus le nombre de postes à combler, il n’y a pas de véritable « pénurie », précise-t-il. On utilise davantage le mot « rareté » en fonction des régions et des professions. Présentement, au Québec, il y a 100 000 postes à combler. Au cours des dix prochaines années, il y en aura 1 500 000. Si on regarde au niveau régional, il y a plus de professions en déficit que ce qu’on va retrouver à Montréal. »

De ces 1 500 000 postes à combler, 50 % le seront par des personnes fréquentant actuellement les institutions d’enseignement. Théoriquement, l’écart restant sera comblé, en partie (25 %), par l’immigration. Pour le dirigeant du CPQ, une question s’impose dès lors : comment combler le dernier 25 % ? « Nous n’avons pas assez d’étudiants et d’immigrants. Alors, il faut faire deux choses : intégrer des groupes de personnes sous-utilisées – avec handicap, autochtone, en réinsertion sociale et les plus de 55 ans avec expérience – et accélérer les investissements en automatisation, robotisation et informatisation pour faire davantage, mais avec moins de main-d’œuvre. »

L’embauche de personnes handicapées demeure une voie encore largement inexploitée, même si nombre d’employeurs ayant fait ce choix démontrent une très grande satisfaction à l’égard de cette main-d’œuvre. « Ça nécessite un bon accompagnement du côté de l’employeur qui n’avait pas été exposé à ces besoins-là auparavant. Notamment en ce qui concerne le recrutement, les méthodes d’adaptation dans l’organisation du travail ou les incertitudes liées à ce type de candidature. L’employeur doit aussi être exposé à des exemples de réussite. »

Une formation axée sur la pédagogie et la sensibilisation

Le Conseil du patronat du Québec offre donc une formation aux gestionnaires voulant intégrer des personnes en situation de handicap dans leur entreprise. Ultérieurement, des formations seront aussi offertes pour d’autres bassins de main-d’œuvre. « Au Québec, il y a énormément de personnes handicapées disponibles qui ont le potentiel pour travailler, mais les gestionnaires ne savent pas comment procéder pour le recrutement et l’intégration. D’où la nécessité de faire une formation disponible pour tous les milieux de travail et dans la plupart des régions du Québec. Elle s’adresse aux entreprises qui présentent des besoins de main-d’œuvre. »

Pour Yves-Thomas Dorval, « la priorité nationale doit rester l’éducation, parce qu’au final, 50 % des besoins de main-d’œuvre seront comblés par des gens qui auront été formés adéquatement dans les professions les plus en demande, spécialisées ou non, poursuit-il. La bonne nouvelle ? L’économie va bien. Mais les défis sont très grands et le gouvernement a du pain sur la planche s’il veut continuer à favoriser la prospérité. Si on n’a pas de main-d’œuvre, on ne sera pas capable d’être au rendez-vous ! »
 
 
Concernant l’immigration, les grilles de sélection devront être révisées afin d’être plus arrimées aux réalités du marché du travail, estime le Conseil du patronat Québécois. « Nous avons besoin d’immigrants avec tous les types de qualification, du manœuvre au technologue jusqu’à l’universitaire. On ne doit pas prendre en considération seulement la maîtrise de la langue à l’origine, mais bien de voir dans quelle mesure on peut franciser les nouveaux arrivants. Il faudra également sélectionner des gens qui sont prêts à aller en région. Outre ces aspects, les processus d’immigration auront intérêt à être accélérés. Et tant les immigrants que les employeurs devront être mieux accompagnés, notamment en région. »

(Photo fournie par le Conseil du patronat du Québec)

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